fiche de lecture B. JUANALS

Publié le par Benoit

Bonjour à tous, je vous envoi ma fiche de lecture d'un bouquin que j'ai lu pour en faire une fiche de lecture partagée à l'iUFM de Nice donc voici:

 

Fiche de Lecture

 

 

La culture de l’information, du livre au numérique.

 

Brigitte Juanals

 

 

L’auteur : Brigitte Juanals est docteur en sciences de l’information et de la communication et maître de conférences à l’Université Charles de Gaulle à Lille 3. Elle est également membre du laboratoire de recherches CERSAYES en anthropologie des savoirs.

 

 

 

            Dans cet ouvrage Brigitte Juanals développe la notion de culture de l’information. Partant du projet humaniste qu’est l’Encyclopédie des Lumières pour en arriver à l’aire du numérique, elle dessine le chemin parcouru par les supports de l’information, en termes d’accès, de diffusion comme de conservation.

 

Dans nos sociétés dites de l’information et de la communication, à l’heure où les réseaux de l’information n'ont de cesse de grandir, où des outils de recherche sont mis en place de manière plus ou moins efficace, peut-on dire pour autant que l’on maîtrise l’information ? Telle est la question posée par l’ouvrage.

 

 

Chap1. Vers une culture de l’information.

 

Parler de culture de l’information c’est, pour l’auteur, envisager l’information dans ses dimensions mathématiques, communicationnelles et sociales, ces spécificités générant les modifications des modes d’accessibilité comme d’usage. Cette culture doit être transdisciplinaire et s’adapter à tous les contextes d’apprentissage. Elle constituerait le socle d’un apprentissage à mener tout au long de sa vie. Parce que, dans les espaces numériques et les dispositifs hypermédias, le statut du lecteur à la recherche d’information a changé. Ce dernier se retrouve désormais au cœur d’un espace multi instrumentalisé et informatisé qui demande pour être efficace des connaissances et des savoirs faire techniques particuliers, autant  pour accéder à l’information que pour la consulter.

 

 

Chap2. Du livre aux réseaux numériques

 

L’auteur dresse dans ce chapitre un panorama historique du développement de l’encyclopédie, de Diderot à nos jours, et montre comment nous avons pu passer avec l’arrivée de l’encyclopédie électronique d’un projet humaniste à une « activité économique à rentabiliser ». Mais le fait est que l’ouverture universelle et multidimensionelle à la connaissance telle que la souhaitait Diderot est désormais possible grâce aux environnements hypermédias. Puisqu’en effet l’encyclopédie tel que Diderot la concevait reposait sur ce même « enchaînement » des connaissances basé sur système de renvois que l’on retrouve aujourd’hui perfectionné sur la toile : « par le moyen de l’ordre encyclopédique, de l’universalité des connaissances et de la fréquence des renvois, les rapports augmentent […] les connaissances se rapprochent et se fortifient »[1].

 

 

Chap3. Les technologies numériques du multimédia

 

Le système hypermédias sur lequel est fondée la toile, a offert de nouveaux dispositifs de recherche d’information en ligne, grâce au principe de l’hypertexte, que l’on peut définir comme un « regroupement de données numérisées, stockées sur un support électronique et structuré de façon non linéaire en unités d’informations reliées par des liens. » (Précisons que l’invention de l’hypertexte est attribuée à V. Bush en 1945, il y eut aussi de nombreux apports dans ce domaine de linguistes, de sémioticiens et d’écrivains comme Barthes ouGenette…)

 

Ces dispositifs hypermédias sont donc à considérer comme des dispositifs d’information globaux et ouverts. L’auteur voit considère que si il offre un accès illimité à de nombreuse donnée, ils constituent pourtant des obstacles à la recherche d’information puisqu’ils se trouvent dans un espace qui est, par définition, instable. Comment séléctioner l’information et comment la conserver ? Les possibilités d’accès à l’information se retrouvent dès lors démultipliées mais complexifiées.

 

 

Chap4. Sophistication et complexification des classements et des accès à l’information.

 

La structuration des données informationnelles a donc de fait évolué. D’une structure linéaire et hiérarchisée qui répond à une logique de stock ; celle du livre, nous sommes passé à l’hypertexte, qui lui met en place une structure de réseaux, répondant à une logique de flux. Cette évolution impose de maîtriser de nouvelles méthodes d’accès à l’information. Le fait de transposer les contenus des encyclopédies sur divers supports numériques (cd-rom et web) en est une illustration.

 

 

Chap5. Les aménagements spatio-temporels des espaces virtuels

 

La notion d’espace virtuel est selon Brigitte Juanals une « représentation numérique tridimensionnelle d’un espace imaginaire ou d’un imitation du monde réel dans lequel on peut naviguer par des liens hypertextuels et agir en interactivité avec le logiciel ». Ainsi, dans ces espaces virtuels c’est notre rapport au temps et au lieu qui se voit modifié. Avec la mise en réseau, les lieux du texte et du lecteur sont annulés, le texte perd sa matérialité et sa localisation. De la même façon, dans ces espaces ouverts, le lecteur devient acteur, par le biais de l’hypertextualité et l’interactivité il peut intervenir sur les lieux, modifier les représentations et se construire un parcours en fonctions de ses objectifs propres. L’interface utilisateur est désormais à prendre en compte et  représente dès lors un espace à construire.

 

 

Chap6. De la page du livre à l’écran d’ordinateur

 

On sait que la page d’un livre est codifiée, elle correspond à une histoire culturelle, laquelle se voit modifiée par l’arrivée de l’hypermédia et du support « écran ». L’écriture y est rendue plus malléable mais aussi plus instable. La lecture sur écran est en outre difficilement prédictible et nécessite des méthodes et outils particuliers. L’espace hypermédia modifie donc de manière sensible la notion d’espace graphique de la page d’un livre. Du livre caractérisé par un objet et une mise en page fixe, avec des codes graphiques établis, on passe à l’écran d’ordinateur, caractérisé lui par un support vertical et une interface graphique de lecture/écriture. Et ceci ne va pas sans poser des problèmes au niveau éditorial, les éditeurs ayant à trouver dans les espaces virtuels de nouveaux moyens d’expression pour reconstruire leur identité physique perdue et se recréer une identité visuelle sur l’écran.

 

 

Chap7. Utopie et réalité de la communication en réseau

 

Le mythe égalitariste de la communication date du XVIIIe siècle, mais l’idée d’une communauté internationale solidaire et démocratique rendue possible par l’outil technique semblait s’être concrétisée avec Internet, qui s’annonçait comme l’avènement du fameux « village global » de Marshall Mac Luhan (1962).

 

Ainsi encore aujourd’hui, les discours utopiques sur le réseau mondial d’information se multiplient, mais ils masquent une réalité moins optimiste. En effet, Brigitte Juanals voit, quant à elle, dans la communication en réseau, ce qu’elle nomme une « techno-utopie », soulignant que les disparités géographiques, les inégalités et l’inaccessibilité d’une partie du réseau (le web invisible) sont autant de facteurs qui font que l’accès à l’information et à Internet est encore l’apanage d’une élite. De la même façon, elle relève qu’avec l’arrivée des réseaux une confusion se fait entre accès à l’information, aux données brutes et acquisition de connaissances, compréhension.  Accéder à l’information ne veut pas dire accéder au savoir, il faut qu’il y ait entre les deux un processus de construction de sens au niveau de la réception.

 

 

Chap8. L’exemple d’une pratique éditoriale : l’Encyclopedia Universalis, entre livre et numérique.

 

Juanals prend l’exemple de L’ Encyclopœdia Universalis pour illustrer comment une pratique éditoriale peut osciller entre le livre et le numérique. Elle nous livre une étude précise de cette encyclopédie depuis ses débuts, en passant par son lectorat et les aspects techniques de sa conception jusqu’à sa diffusion sur support électronique. Elle nous montre ainsi que le mode électronique modifie profondément l’usage de cet outil, surtout par rapport à la recherche : cette dernière nécessite de la part de l’usager une maîtrise et une connaissance préalable du support informatique alliée à un savoir documentaire et à une pratique de l’Internet. Pourtant les trois supports (livre/cdrom/web) de l’encyclopédie sont amenés à coexister encore longtemps, sachant que ce changement de support a contribué à élargir et diversifier le lectorat de l’encyclopédie.

 

 

Chap9. De l’honnête homme à l’individu de la tribu mondiale.

 

La recherche d’information, de laquelle doit découler la construction des savoirs ne résulterait pas de l’action d’individus isolés mais bien de leur mise en relation au sein de divers groupes d’échanges. Selon l’auteur au sein du réseau global, on assisterait d’une part à une revendication de l’autonomie croissante des utilisateurs face aux applications informatiques, renforcée par des pratiques solitaires d’accès aux données, combinées à l’apparition de communautés d’intérêt fonctionnant sur le principe de l’échange et du partage des informations.

 

 

 

Chap10. Démocratisation du savoir ou creusement des inégalités.

 

La recherche d’information sur les réseaux reste incomplète et le recours à une méthode est important, sinon essentielle. La pratique des dispositifs hypermédias et des réseaux interconnectés demande en effet de rester lucide et critique pour une utilisation efficace des données. Il faut sans cesse prendre du recul et se représenter la toile comme un espace informationnel global et ouvert, avec ses atouts et ses limites. Et tout cela nécessite une éducation à l’usage des médias numériques. Ainsi l’accès démocratique à l’information et au savoir, que ce soit sur le plan technologiques, médiatique, méthodologique et intellectuel ne peut être que le fruit d’un processus d’apprentissage et d’éducation, dont le but est de former des individus prêts à « apprendre à apprendre» tout au long de leur vie.

 

 

Je tiens à préciser que ouvrage est complet et très détaillé, proposant de nombreuses études approfondies sur le fonctionnement de l’encyclopédie ou d’Internet, que je pouvais difficilement approfondir dans le cadre de cette fiche de lecture qui s’avère déjà relativement longue. Mais je pense qu’il peut être utile de le consulter parce qu’il est véritablement enrichissant si l’on veut approfondir la question des processus de recherche d’information, qui est un point qui concerne directement notre formation.

 



[1] Diderot, article « encyclopédie », dans Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de Gens de Lettres, dans Œuvres T. 1 : Philosophie, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1994.

Voilou, en espérant que cela puisse vous servir!!!

Petit conseil avant de partir: aller voir les sites des IUFM c'est une mine d'infos pour le capes dans les rubrique doc, allez sur celui de NIce, il y a des cours et les fiches de lecture de toute la classe, à bon entendeur!

A bientôt

Marion

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Publié dans FICHES

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N
bonjour.<br /> je travaille également sur cet ouvrage pour le capes et je te remercie pour ta fiche, j'en profite pour indiquer qu'il me semble que le laboratoire de recherche pour lequel travaille Brigitte Juanals est CERSATES et non CERSAYES. à vérifier.<br /> Natacha
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M
Oups, j'ai oublié de préciser les informations les plus importantes (bah voui en tant que future documentaliste ça le fait pas trop hein!!!) donc pour les détails documentaires: Paris : Hermès science publications :Lavoisier, 2003. <br /> Et à très bientôt<br /> (merci michael, contente d'avoir pu t'être utile...)
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M
merci pour le partage de ton travail<br /> <br /> j'ai trouvé la lecture de ta production très enrichissante<br /> <br /> michael
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P
Merci beaucoup pour ta fiche de lecture. Je ne trouve pas la date d'édition de cet ouvrage. Peux-tu nous la donner, stp?<br /> merci d'avance<br />
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