3ème rencontre cdi-doc - Quelle(s) culture(s) à l'école?

Publié le par michael


Education et Culture

(pre-scriptum: attention, cet article n'est pas fini; nous comptons l'écrire conjointement avec marie-ève: je propose un article de départ, puis je le réviserai et le compléterai au fur et à mesure de ses interventions)


Pour commencer, visitez http://www.artsculture.education.fr
(et pourquoi pas, son homologue canadien
 http://www.mcc.gouv.qc.ca/programme/culture-ecole.htm).

 

Le Ministre de l’Education et le Ministre de la Culture ont voulu consolider leur partenariat: mise en place d’un Haut Comité de l'Education Artistique et Culturelle,  des comités de pilotage (poursuite du travail sur les PNR (Pôles Nationaux de Ressources), des Rapports faits par la représentation Parlementaire, d’autres par des Inspecteurs Généraux des deux ministères.

 

Pour connaître les orientations de la politique mise en place, ne ratez pas la CIRCULAIRE N °2005-014 « Education artistique et culturelle ». Elle est dans la droite ligne de la CIRCULAIRE N °2002-087 (création des PNR dans le cadre d’un plan quinquennal pour les arts et la culture ; pour une meilleure mutualisation des ressources et des actions par la conception et la mise en œuvre de projets).

 

 une veille au sujet de l'éducation aux arts et à la culture est d'ailleurs (bien sûr) organisée par le CNDP...


 

Qu’est-ce que la culture ?

 

Comment faire communiquer les réseaux de culture(s) ?

 

Quelle(s) médiation(s) entre les apprenants et les ressources ?

 

 

Une position médiatrice du documentaliste, mais une médiation entre qu(o)i et qu(o)i, comment et surtout pour qu(o)i ?

 

 

Si vous voulez être confrontés directement aux sources, sachez que l’intégralité de la conférence va être mise en ligne (fichiers audio – ça évitera d’avoir à attendre les actes du colloque dont la rédaction demande beaucoup de temps... et au moins 20 euros)

 

Le Café Pédagogique va de plus bientôt rendre compte de la conférence.


François Dubet, sociologue de l’éducation et directeur d’étude à l’EHESS (l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), a été un proche d’Allègre (souvenez-vous, le dégraisseur du mammouth)

 


Conscient de la démission (aussi bien physique que psychologique) de plus en plus d’apprenants, il insiste sur l’importance de leur sociabilisation, d’une centration sur les apprentissages, d’une pédagogie active. Il voudrait pourtant que le politique soit plus impliqué au niveau décisionnaire pour que l’Ecole entre enfin dans la modernité : en gros, il faut adopter des principes finalisés par le politique pour s’adapter sur le terrain.

 



Pour Daniel Truong Loi, philosophe, professeur agrégé de l’université, professeur de chaire supérieure, lettres supérieures 1ère et 2ème année, Lycée de Périgueux, le développement intellectuel et sensible ne peut passer que par une problématisation des objets d’étude ; il faut critiquer l’idée d’une abstraction du sujet : l’élève doit s’interroger sur ce qu’il est et qui il est.

 

Cet intervenant est contre les idéologies : l’ « état d’esprit » doit être ce qui demeure quand contenant et contenu s’estompent. Il faut lutter contre le jacobinisme culturel et prôner un naturalisme de la curiosité garant du développement de l’esprit critique, qui permet de choisir et de juger (dans le cadre de ses cours, il est du genre à vous poser un pot de confiture devant vous et d’attendre  à ce que vous construisiez une problématique pour en parler).

 

En effet, la culture est un objet dynamique qui doit être investi pour l’émancipation de la pensée et qui permet, au-delà d’une simple adaptation au monde, l’art de « se décaler », et on ne peut mettre en pratique des cultures qu’en passant par cette pratique des écarts (choix des perspectives grâce aux choix des points de vue). L’apprenant doit convoquer ce qui est à sa portée, mais pour mieux se désengager du contexte dans lequel il est englué.

 


 

Bernard Favre, directeur de Cap Sciences, Bordeaux, (une structure du type La Villette ou le Futuroscope, et n’existant que par la volonté politique), nous invite à trouver des moyens pour que l’Ecole puisse avoir un meilleur accès à la culture scientifique, technique et industrielle, pour que des liens se tissent entre ces deux lieux de culture.

 

Pour lui, il ne faut pas séparer art et technique, les deux participent de la capacité industrielle de l’Homme, c'est-à-dire sa capacité à passer de la matière à l’objet, à l’artefact.

 

Il faut mettre le public en situation de contempler et de toucher.

 


Pour lui, la culture, c’est être en connivence avec un univers qui nous était inconnu ou étranger, et cela est possible par l’intelligence, certes, mais surtout par les sens, dans une expérimentation directe. Il faut pour cela scénariser les objets qui constituent les collections.

 

Plus encore, il faut permettre des rencontres humaines, en particulier avec les spécialistes des sujets.

 

Pour formaliser le réseau de liens avec l’Ecole, de tels organismes se sont rencontrés à Hendaye, où il a été question de programmation (faut-il que les thèmes soient sortis des programmes scolaires), du style des opérateurs culturels (ceux qui guident les visiteurs et les aident à mieux interroger les collections), et des dimensions juridiques et administratives.

 

De tels dispositifs demandent de faire travailler ensemble, d’un côté, des entreprises, des concepteurs, des scénographes, de l’autre, des vulgarisateurs (des spécialistes qui se mettent à la portée du grand public), des communicateurs (ceux qui œuvrent pour promouvoir un monde), et surtout, en ce qui nous concerne, des médiateurs (c’est-à-dire des personnes qui relient ceux qui savent - et qui font - à ceux qui ne savent pas, et ce autour de l’objet médiateur qu’est la collection construite par les concepteurs).

 

On voit qu’il ne s’agit pas de ce qu’on nous demanderait en situation d’enseignement où le seul tiers médiateur doit être l’objet d’étude, ici on peut envisager une relation intersubjective entre les apprenants et les spécialistes de chaque domaine.


Jean-Michel Zakhartchouk, Professeur de collège, auteur, rédacteur des Cahiers Pédagogiques, formateur à l'IUFM d'Amiens pense que toute réflexion sur la dimension culturelle doit passer par une réflexion sur le socle commun. En effet, la culture n'est pas "une cerise sur le gâteau" mais dans une relation de tensions fécondes avec les compétences élémentaires.
Il est de plus partisan d'une hiérarchie des cultures, mais prône qu'il faut faire des passerelles entre elles.
Même au niveau disciplinaire, au delà des objets d'études, c'est le questionnement et le regard sur ces objets qui est important. De là, tout travail inter-disciplinaire doit engendrer une confrontation de regards plutôt qu'une collection d'objets et doit guider vers des communications et des productions qui en découle.

Pour transmettre une culture, mais aussi aider à construire son rapport personnel à la culture,

 il est nécessaire de...
 mais aussi de...
  travailler sur le passé-présent  travailler sur le présent-futur
 ne pas instrumentaliser la culture   insérer la formation culturelle dans des projets pédagogiques
 faire appel à l'effort et à la rigueur  permettre une dimension ludique et conviviale
 faire percevoir que la démarche culturelle est appropriation personnelle, constructive  prendre en compte sa fonction de partage et de médiation  et mettre en place des dispositifs de communication
 prendre du recul par rapport à sa culture d'origine  assumer sa propre culture et être conscient de ses racines
 ne pas nier une hiérarchie entre formes culturelles et refuser le relativisme  ne pas établir de dogmatisme anti-relativiste
 faire comprendre, expliciter  ne pas oublier la dimension émotionnelle et affective
 baigner dans les oeuvres  préparer la mise en relation par une approche pédagogique
 sortir de l'immédiat  construire dans la classe des référents communs, élaborer une culture de classe
 affirmer sa culture  prendre du recul
 montrer sa passion 
 ne pas donner l'image d'un gourou
 être exigent  être bienveillant
 poser des valeurs sûres  savoir douter
être conscient que la culture peut améliorer le monde  savoir qu'elle ne protège pas du mal


Jean-Louis Durpaire, Inspecteur Général de l'EN et président du jury à l'externe 2006, "le CDI, lieu d'ouverture culturel".

L'architecture d'un CDI est à l'image de ses fonctionnalités . Certains ne sont même pas encore à l'état de chantier; d'autres offrent déjà un espace multipolaire et efficace parce que nés de la volonté des équipes dans le cadre d'une politique documentaire.
 A l'échelle d'un EPLE, une telle politique permet de mener des projets documentaires et finalise nos champs d'actions prioritaires: la culture de l'information (information literacy) et la mise en oeuvre d'un système d'information.
Dans notre système où le cloisonnement disciplinaire est roi, construisons un espace de "l'éducation A" (l'éducation A la santé, A la sécurité routière, A l'image...)
Et là, réfléchissons à comment (faire) aller de l'information à la connaissance?



Pour Marie-France Blanquet, Maître de conférence à l’Université de Bordeaux III, qui a eu la charge de faire la synthèse de la rencontre puisqu'elle était le grand témoin de la rencontre, la culture est la pleine réalisation des virtualités humaines.




Et je vais arrêter là parce que je me rend compte que je suis en contradiction avec ce que j'ai compris à la conférence:
mon rôle devrait être de mettre à la disposition du public 1) les sources et 2) les lectures qui en seront faites par les experts de chaque domaine.
Le documentaliste doit se borner à son rôle de médiateur et de pas préjuger de ses capacités de synthèse sur des sujets dont il ne maîtrise pas encore assez l'expertise. Il doit guider vers les ressources que les spécialistes mettront à la portée de tous.


Je vais donc juste partager ce que j'ai compris, avec mes mots...



Les élèves deviennent de plus en plus démissionnaires parce que leur faculté d'apprentissage n'est souvent pas sollicitée dans le bon sens. Il faut envisager la culture de la manière la plus globale possible: le développement de la personnalité par la confrontation aux sources et l'appropriation des démarches d'apprentissage. L'apprenant doit devenir conscient de la complémentarité des apprentissages et travailler à la complexification de son être.
L'Ecole doit lui fournir les outils nécessaires à la capitalisation de ses expériences cognitives et heuristiques en l'aidant à passer des informations à la connaissance, dans le cadre d'actions à sa portée.
Le cloisonnement disciplinaire ne permet pas cette transversalité et ce n'est que dans le cadre d'une politique documentaire qu'un EPLE peut vraiment placer l'enfant au centre de ses développements.
C'est en contexte qu'il faut construire des projets, et avec les acteurs du terrain (qu'ils fassent partie de la communauté éducative ou qu'ils soient des partenaires extérieurs occasionnels).

Pour conclure, comme l'a souligné Durpaire qui devait pourtant intervenir sur la notion de CDI comme lieu d'ouverture culturelle, l'important n'est pas où, quand, quoi, pourquoi ni comment, mais QUI!


michael

(Marie-Eve, au secours!!!!!!!!!!!!!!!!!)

 

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Publié dans PEDAGOGIE

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